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Les Arts de la table

Les arts ménagers

Les arts ménagers ou arts de la table du XXe siècle regroupent des objets comme les cafetières, les bouilloires, les fers à repasser, les moulins à café… Tous ces objets design – objets, ont évolué en suivant les tendances du design voire des courants artistiques de leur époque. Ainsi la vaisselle cubiste s'est développée au début du XXe siècle en même temps que le courant pictural et sculptural du même nom.


Le dialogue entre les arts de la table et les autres champs d'action du design est constant. Les années 1950 voient se développer un style fluide né de la rencontre entre le style organique du mobilier et les lignes aérodynamiques de l'aviation contemporaine. Le style streamline caractéristique du mobilier de l'époque laissera ensuite la place, vers le milieu des années 1970, à un style plus compact.


Le post-modernisme cher aux années 1980 a par la suite permis une certaine renaissance du figuratif et du narratif. Si jusque là les designers des arts de la table suivaient les courants artistiques contemporains, ceux des années 1980 commencent à s'en affranchir. Ils envisagent leurs recherches formelles en prenant en compte toutes les références existantes du design et même de l'architecture. La célèbre cafetière La Conica, dessinée en 1984 par Aldo Rossi pour Alessi, reprend la forme du campanile de la place Saint-Marc à Venise.


Nous le voyons, les arts de la table des années 1980 s'inspirent, en sus d'inspirations post- modernes diverses et variées empruntées à de nombreux champs disciplinaires, de styles architecturaux. Plusieurs architectes n'hésiteront pas à accepter l'invitation d'Alessi à dessiner de nouveaux modèles pour des objets design des arts de la table. Mais les designers vont plus loin encore que la simple référence. Ils veulent raconter une histoire et utilisent des jeux expressifs, assez rares en arts de la table, pour y arriver. Ce post-modernisme se retrouve notamment dans la bouilloire dessinée par l'architecte Mickael Graves qui s'inspire de la machine à vapeur ou dans celle dessinée par le designer Richard Sapper qui voit un oiseau siffleur s'installer sur son bec verseur.


Les Scandinaves travaillent aussi à une nouvelle manière de voir le design, plus moderne. Leur but étaient de créer des objets design de qualité reproductibles en grande série et accessible au plus grand nombre. Ils développèrent ainsi des céramiques, des textiles, des ustensiles de table en toutes sortes de matériaux.


Ce retour de la décoration et de la couleur en rupture avec le style des années 1950 et 1970 se situe à l'avant-garde du design des années 1980. Ce changement est également facilité par les nouvelles méthodes de fabrication assistées par ordinateur. Cette méthode permet une finesse formelle peu accessible au travail artisanal.


Les Matériaux

Le Verre et la poterie

Le verre et la poterie sont parmi les matériaux les plus traditionnels des arts de la table. L'histoire artisanale et populaire de ces techniques est ancienne. Il était donc naturel que les créateurs des objets design – objets s'en saisissent également pour créer des pièces pour les arts de la table. Le Bauhaus verra d'ailleurs s'installer un atelier de poterie en son sein en 1920. L'atelier commencera par produire des pièces uniques avant de s'orienter vers une logique plus industrielle.


Des liens étroits ont longtemps associés industrie et artisanat de la céramique et du verre notamment dans les pays scandinaves. L'identité culturelle est d'ailleurs défendue par le biais de certaines pièces. L'inspiration vient également des paysages et les céramiques suédoises et finlandaises des années 1950 qui arborent les différentes teintes de la neige et de la glace. À partir des années 1970 ces influences s'estompent et les jeunes designers travailleront de plus en plus avec des matériaux de haute technologie.


L'Acier inoxydable

L'acier inoxydable résulte d'un alliage de fer, de carbone et de chrome. C'est ce dernier qui permet la résistance à l'oxydation. Les objets design – objets en acier inoxydable gagnèrent leur réputation grâce à la sophistication des lignes. Les couverts notamment sont d'un grand raffinement par leur ligne organique faite d'un seul tenant. Les travaux d'Arne Jacobsen sont caractéristiques de ces lignes.


Les couverts en acier inoxydables se sont ainsi répandus dans tout le monde occidental dès les années 1970. Leur design s'inspirait fortement des formes des années 1950. À cette même époque les designers commencent à se pencher sur les aspects fonctionnels et ergonomiques des arts de la table. L'Ergonomi Design Gruppen de Suède commence à proposer des couverts et des ustensiles de cuisine en acier inoxydable pour les personnes atteintes de handicaps ou les personnes âgées qui ont des besoins spécifiques.


Les Plastiques

Dès la fin de la Première Guerre mondiale les designers d'Amérique du Nord proposent des objets design – objets en plastique. Cette matière remplace le métal, le bois, le verre ou encore la céramique. Au cours de ce premier âge du plastique les designers rivalisent d'ingéniosité et proposent des objets design attractifs notamment en ce qui concerne les arts de la table.


En 1939, la mélamine est inventée. D'une densité semblable à celle de la céramique ce matériau est beaucoup plus solide et léger. Il peut également être coloré. En 1952 Russel Wright dessine un premier service de table en mélaminé qui remporte un franc succès, le « Residential ».


Les designers américains conçoivent donc de multiples pièces, notamment des services et des couverts, avec ce matériau résistant et coloré. Reproductible en série ce matériau est également vite adopté par les Européens. On créé des services à pique-nique, des mixeurs…


D'autres fibres synthétiques apparaissent comme le polypropylène, développé en Italie. La société Kartell, fondée par Giulio Castelli en 1949, édite de nombreux modèles en arts ménagers. Des égouttoirs, presse-fruits et autres salières se parent de couleurs vives. Ce matériau jusqu'alors considéré comme vulgaire gagne tous les foyers, le design des années 1950 privilégiant la forme et la fonction à la matière. Les designers de l'époque conçoivent des pièces s'emboîtant ou s'empilant, ce qui permet un gain de place important. Les collectivités comme les hôpitaux ou les écoles se révélèrent friands de ces pièces en tout conformes à leurs logiques organisationnelles.


Les Luminaires

Les Styles

Comme nous l'avons vu précédemment le développement de l'électricité et de l'éclairage artificiel est concomitant de celui du design. Les designers ont très vite créé des objets design - objets lumineux, de différentes sortes, pour répondre aux besoins et envies croissantes. Les luminaires ont vite présentés de multiples formes pour répondre à de multiples fonctions : lampadaires urbains, suspensions, lampes de table, appliques…


Les années 1930 sont prolixes et voient l'apparition de luminaires légendaires. Certains sont signés par le Bauhaus comme le modèle de 1924 de Wilhem Wagenfeld, la lampe WG24. À partir de la fin des années 1940 le style new look apparaît. Les luminaires flirtent avec les mouvements artistiques de l'époque et utilisent les nouveaux matériaux mis au point pendant la guerre. L'italien Gino Sarfatti signe de multiples luminaires qui allient imagination et élégance à une simplicité technique permettant d'explorer le vaste potentiel de la lumière électrique.


Les crises pétrolières des années 1970 et la croissance du prix des matières premières amorcent un virage dans la conception des luminaires. Les designers renouent avec le fonctionnalisme. Les formes sont plus rationnelles et proposent un style plus high tech qui ne cesse de se développer depuis.


Matériaux

Le mouvement des arts décoratifs des années 1920 utilise des matériaux luxueux comme le bronze ou l'albâtre. René Lalique conçoit alors des luminaires dans des matériaux somptueux. Les luminaires d'après-guerre, à l'instar de tous les objets design - objets de l'époque, sont conçus dans les matériaux de l'époque développés pendant la guerre.


Les années 1960 à 1970 voient le passage de l'ampoule à incandescence aux ampoules halogènes, aux tubes fluorescents et aux néons. Les designers suivent donc ces évolutions et utilisent ces nouvelles technologies. Ettore Stottsass signe ainsi le luminaire totem Astéroïde en 1968. Les plastiques évoluent et on voit par exemple apparaître le perspex translucide. Les polymères synthétiques influencent les nouvelles formes de luminaires et permettent plus d'originalité.